En Belgique, vous pouvez bivouaquer à un seul endroit: sur une aire qu’une autorité a officiellement aménagée pour ça. Partout ailleurs en forêt, c’est interdit, et la Wallonie chiffre l’amende. Le reste de cette page, c’est où sont ces aires, ce qu’elles imposent, et ce qui change si vous voyagez en véhicule.

La règle wallonne, en deux articles

Le décret du 15 juillet 2008 relatif au Code forestier pose la règle à son article 19: la résidence temporaire est interdite en dehors des aires affectées à cet effet. L’article 3 donne les deux définitions qui comptent. La résidence temporaire, c’est un séjour de moins de 48 heures. Une aire, c’est une zone balisée, affectée notamment à la résidence temporaire, sans contrepartie financière.

Deux conséquences immédiates. Une aire de bivouac wallonne est gratuite par définition, et une nuit hors de ces aires est une infraction. L’article 102 la punit d’une amende de 25 à 100 euros, et l’article 107 double les peines lorsque l’infraction a été commise la nuit (vérifié le 16 septembre 2026 sur environnement.wallonie.be).

Trouver les aires: cherchez par itinéraire

L’arrêté du Gouvernement wallon du 27 mai 2009 explique comment une aire naît: la demande d’affectation et de balisage, permanente ou temporaire, est soumise au chef de cantonnement du Département de la Nature et des Forêts, qui décide dans les 60 jours pour une aire permanente et 45 jours pour une aire temporaire.

Concrètement, cela veut dire qu’il n’existe pas une carte wallonne unique. Chaque aire est publiée par celui qui la gère, un parc naturel, une commune, un projet de sentiers. Partez donc de l’itinéraire que vous marchez, pas d’une carte régionale.

Un exemple qui se réserve en ligne: le Parc naturel des deux Ourthes annonce 2 aires de bivouac sur son territoire, à Gives (Bertogne) et au Golet (Sainte-Ode), et indique qu’elles sont uniquement accessibles aux randonneurs, vététistes et cavaliers. Réservation indispensable. Chaque site porte un panneau avec la charte du bivouaqueur, des piquets qui délimitent la zone et un foyer. Lisez la charte en arrivant: c’est elle qui fixe le détail, et le panneau sur place prime sur n’importe quel site web, le nôtre compris.

La Flandre: bivakzones, gratuites, sur réservation

L’agence flamande de la nature et des forêts, l’Agentschap voor Natuur en Bos, ne prend pas de gants sur sa page kamperen: planter sa tente comme ça dans la nature n’est pas permis. L’agence ouvre à la place des bivakzones, des emplacements de bivouac balisés, dans le Limbourg, en Flandre-Orientale, dans la province d’Anvers et dans le Brabant flamand.

Les règles sont les mêmes partout: trois tentes au maximum, dix personnes en tout, tente montée entre 18 h et 10 h, donc une seule nuit. C’est gratuit et la réservation est obligatoire. L’agence ajoute la phrase qui décide tout pour un lecteur motorisé: on n’y arrive pas en voiture.

Le Nationaal Park Hoge Kempen, au Limbourg, fait la même chose sous le nom de paalkamperen, le camping au poteau. Quatre emplacements: Thorpark, Itter et Solt sont gratuits, Terhills coûte 15 euros par personne et par nuit plus 1,50 euro de taxe de séjour. Dix personnes et trois tentes au maximum, tente dans la zone délimitée ou à 10 m du poteau au plus, feu interdit sauf dans le brasero de Thorpark. On arrive à pied ou à vélo.

Si vous voyagez en camping-car

Rien de ce réseau n’est pour vous. L’article 22 du Code forestier interdit l’accès des véhicules à moteur en dehors des routes, des chemins et sentiers balisés pour cet usage et des aires affectées à cet usage, et l’article 3 exclut expressément la résidence dans une caravane ou dans un motor-home de la définition de la résidence temporaire. Côté flamand, la réponse tient en une ligne: pas d’accès en voiture.

Pour une nuit en camping-car, il vous reste donc les aires aménagées et les campings, et la règle hors forêt est communale. Appelez la commune avant de compter sur un parking, et lisez le panneau à l’entrée. Pour le reste de l’Europe, commencez par les règles et par la rubrique camping sauvage. Le voisin du nord fonctionne presque à l’identique, et cela vaut la lecture si vous enchaînez les deux: camping sauvage aux Pays-Bas.

Sources

  1. Décret du 15 juillet 2008 relatif au Code forestier, Service public de Wallonie
  2. Arrêté du Gouvernement wallon du 27 mai 2009 portant exécution du Code forestier
  3. Bivouacs et boucles Escapardenne, Parc naturel des deux Ourthes
  4. Kamperen en bivakzones, Agentschap voor Natuur en Bos
  5. Paalkamperen, Nationaal Park Hoge Kempen

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