Le camping sauvage est autorisé en France par principe et interdit par exception. La règle de base tient en une phrase du Code de l’urbanisme : vous pouvez camper hors des routes, avec l’accord de celui qui a la jouissance du terrain. Les exceptions sont là où les gens se font verbaliser : le littoral, les sites protégés, les abords des captages d’eau, les communes qui l’interdisent par arrêté, et les cœurs de parcs nationaux. En camping-car, c’est une autre question, celle du stationnement.
Le principe : libre, avec un accord
L’article R111-32 du Code de l’urbanisme dit :
Le camping est librement pratiqué, hors de l’emprise des routes et voies publiques, dans les conditions fixées par la présente sous-section, avec l’accord de celui qui a la jouissance du sol, sous réserve, le cas échéant, de l’opposition du propriétaire.
Vérifié sur Légifrance le 12/10/2026. En pratique : le pré appartient à quelqu’un, et c’est son accord qui rend votre nuit légale. Demandez à l’agriculteur ou au propriétaire, et vous êtes dans les clous. Ce n’est pas un droit d’accès à la nature à la scandinave : monter la tente au hasard d’un champ n’est pas couvert par le texte.
Les interdictions qui valent partout
L’article R111-33 interdit le camping pratiqué isolément, sauf dérogation, à quatre catégories d’endroits :
- les rivages de la mer et les sites inscrits ;
- les sites classés ou en instance de classement ;
- les sites patrimoniaux remarquables et les abords des monuments historiques ;
- un rayon de 200 mètres autour des points d’eau captée pour la consommation.
Vérifié sur Légifrance le 12/10/2026. C’est le littoral qui concerne le plus de monde : une tente sur la plage, sans dérogation, est interdite sur toutes les côtes françaises. Ce n’est pas une zone grise.
Ce que le maire peut faire
L’article R111-34 ajoute un étage local. Le plan local d’urbanisme ou un arrêté municipal peut interdire le camping hors des terrains aménagés dans certaines zones, quand il porte atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques, aux paysages, aux milieux naturels ou aux activités agricoles et forestières. Et le texte précise que ces interdictions ne sont opposables que si elles sont affichées en mairie et signalées par des panneaux aux points d’accès habituels. Vérifié sur Légifrance le 12/10/2026.
Pour vous, cela veut dire une chose simple : le panneau sur place est la règle. S’il y en a un, il s’applique. S’il n’y en a pas et que vous avez un doute, passez à la mairie.
Bivouac ou camping sauvage
Les deux mots ne sont pas synonymes, et c’est dans les parcs nationaux que la différence compte. Le portail des parcs nationaux définit le bivouac comme une seule nuit, dans une installation sommaire, à la belle étoile ou sous une tente compacte. Le camping sauvage, lui, est strictement interdit dans les cœurs de parcs.
- Le bivouac y est toléré selon des horaires propres à chaque parc, par exemple de 19 h à 9 h dans les Écrins, le Mercantour, les Pyrénées et les Cévennes.
- Il est totalement interdit en cœur de Port-Cros, de Porquerolles et des Calanques.
- Il ne se fait pas en véhicule : voiture, camping-car et van en sont exclus.
Vérifié le 12/10/2026. Les règles parc par parc sont détaillées sur la page camping sauvage en France.
En van ou en camping-car : une question de stationnement
La liberté de l’article R111-32 s’arrête explicitement aux routes et voies publiques. Dormir dans un camping-car garé sur un parking relève donc du stationnement, et c’est le maire qui le réglemente : l’article L. 2213-2 du Code général des collectivités territoriales lui permet d’interdire ou d’encadrer le stationnement de certains véhicules par arrêté motivé. Dans sa réponse au Sénat du 26 mars 2020, le gouvernement rappelle que, sauf circonstances locales exceptionnelles, une telle interdiction ne peut pas être générale et absolue, c’est-à-dire viser toutes les voies de la commune en permanence. Vérifié le 12/10/2026.
Concrètement : un parking avec un panneau d’interdiction aux camping-cars est parfaitement légal, et le panneau s’applique. Sur un parking ordinaire, restez sur vos roues sans rien installer dehors, et prenez une barrière de hauteur à l’entrée pour la réponse qu’elle est. La solution sans souci, c’est l’aire de camping-car : la commune l’a aménagée pour ça, beaucoup sont gratuites, et la question de savoir si vous avez le droit d’y dormir est réglée d’avance. Elles sont sur la carte de la France.
Le panneau gagne
En France, c’est presque écrit dans la loi : une interdiction communale ne s’applique que si elle est affichée. Le panneau sur place est donc la règle la plus à jour que vous trouverez. S’il contredit cette page, c’est lui qui a raison. Pour comparer avec les pays voisins, toutes les règles sont sur la page camping sauvage et bivouac en Europe.
Sources
- Article R111-32, Code de l'urbanisme, Légifrance
- Article R111-33, Code de l'urbanisme, Légifrance
- Code de l'urbanisme, Camping (articles R111-32 à R111-35), Légifrance
- Le bivouac, Portail des parcs nationaux de France
- Stationnement des camping-cars, question écrite n° 14376, réponse du gouvernement, JO Sénat du 26/03/2020
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